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François Henri de la Motte
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Francis Henry, ou François Henri de la Motte, est un Français, ancien officier de l'armée française, exécuté à Londres pour haute trahison le 27 Juillet 1781[1]. Soupçonné d'être un [espion] il avait été arrêté en janvier 1781, et détenu pendant six mois dans la [Tour de Londres]. Lors d'un procès à Old Bailey le 23 juillet, il fut reconnu coupable d'avoir dirigé une opération destinée à envoyer en France des rapports secrets sur la marine – la France soutenait alors la révolte des colons américains, et était en guerre contre la Grande-Bretagne depuis 1778.
Ces rapports d'espionnage concernaient surtout la disposition de la flotte britannique de Portsmouth et d'autres ports britanniques. En juillet 1781, la guerre d'Indépendance américaine n'était pas encore terminée (bien qu'elle dût l'être quelques mois plus tard) et les marines de la Grande-Bretagne et la France étaient encore à s'affronter non seulement dans l'Atlantique Nord, mais aussi loin que l'océan Indien.
Ce qui scella le sort de la Motte fut le témoignage accablant d'un ancien complice, Henry Lutterloh, qui était le principal témoin à charge. Après avoir reconnu coupable par le jury, la sentence prononcée - terrible - fut que le prisonnier serait pendu, traîné sur une claie et mis en quarts. De fait, on épargna à de la Motte quelques-uns des raffinements les plus affreux[2] - après être resté pendu près d'une heure, il fut décroché et son cœur arraché et brûlé, mais ne fut pas mis en pièces, ni soumis aux raffinements de cruauté auxquels eut droit David Tyrie, un espion écossais, l'année suivante. (Tyrie (dont le procès eut lieu à Winchester) fut lui aussi reconnu coupable d'avoir envoyé aux Français des renseignements sur la marine anglaise. Il resta pendu pendant 22 minutes, après quoi il fut décapité et son cœur découpé et brûlé. Il fut ensuite émasculé, découpé en morceaux, et les parties de son corps placées dans un cercueil et enterrées dans des galets au bord de la mer[3].)
Les exécutions publiques étaient considérées comme un spectacle de choix au dix-huitième siècle, et lorsqu'il s'agissait de personnes de haut rang, l'attrait était irrésistible. Dans de telles occasions ce n'étaient pas seulement les classes inférieures qui se pressaient pour y assister (voir les carnets de George Selwyn). C'est une foule de plus de 80.000 personnes qui assista à Tyburn à l'exécution de de la Motte. Tous les niveaux de la société y étaient représentés pour assister à ce spectacle édifiant : un monsieur du meilleur monde, élégamment vêtu, et dans la fleur de l'âge, massacré en public en grande cérémonie – « pour décourager les autres »[4].
De la Motte dans la littérature anglaise
La vie de la Motte et son exécution ont frappé l'imagination d'écrivains comme Charles Dickens et W. M. Thackeray. Le caractère dramatique et le langage de la scène du procès fait à Charles Darnay dans A Tale of Two Cities sont très proches de ceux du procès de de la Motte, et Dickens a su dans sa manière inimitable mettre l'accent sur le caractère grotesque et l'horreur des procédures[5].
Quant à Thackeray, dans son dernier roman, inachevé, Denis Duval, nous trouvons de la Motte et son ancien complice, Henry Lutterloh, qui y sont les personnages principaux. Thackeray dépeint de la Motte comme un être torturé, démoniaque, qui n'est absolument pas la façon dont il apparaît dans les rapports de presse contemporains. Encore moins vraisemblable est l'impression laissée dans un mémoire plein de sympathie de M. d'Auberade, [6], publié par un auteur français entre le verdict du procès et l'exécution - dans l'espoir (peut-être) d'atténuer la sévérité de la peine.
Notes
- ↑ The Proceedings of the Old Bailey
- ↑ L'arrêt pourtant prévoyait ceci : « La ſentence que la loi dicte contre vous, François-Henri de la Motte, et à laquelle la cour vous ſoumet, eſt que vous ſoïez reconduit d'où vous venez , pour être de-là traîné ſur une claie au lieu de l'exécution, où vous ſerez pendu par le col, mais non juſqu'à ce que mort s'enſuive : votre corps encore vivant ſera ouvert, vos entrailles en ſeront retirées & brûlées devant votre face, votre tête ſera ſéparée de votre corps, que l'on coupera en quatre quartiers. Le Roi en diſpoſera ſuivant ſa volonté: Dieu veuille avoir pitié de votre ame (Journal historique et littéraire par François-Xavier de Feller, 15 août 1781) ».
- ↑ Hampshire Chronicle, Lundi 2 septembre 1782. Transcription disponible en ligne: voir Some Selected Reports from the Hampshire Chronicle
- ↑ En français dans le texte
- ↑ An article on this topic (by Harvey Peter Sucksmith and Paul Davies) was published in The Dickensian magazine (Spring 2004, No 462 vol.100 Part 1).
- ↑ Crime and Punishment
Liens externes
- Denis Duval in Harper's new monthly magazine. / Volume 28, Issue 168, May, 1864 — texte disponible sur le site de la [Bibliothèque du Congrès] American Memory.
- Paul Jones and Denis Duval par W. M. Thackeray ; text disponible au Project Gutenberg.
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « François Henri de la Motte »