13 août
Mon très cher Makar Alexéievitch ! Tous les malheurs s’abattent sur nous ; et je ne sais plus moi-même ce que je vais devenir. Qu’allez-vous faire maintenant, car je ne puis guère vous être utile en ce moment. Je me suis brûlée aujourd’hui la main gauche avec le fer à repasser. Je l’ai laissé tomber par mégarde ; ma main a été meurtrie, brûlée aussi, à la fois meurtrie et brûlée. Impossible de travailler ; quant à Fédora, voilà trois jours déjà qu’elle est malade. Je suis dans une terrible angoisse. Je vous envoie trente kopecks d’argent. Il ne nous reste presque plus rien et pourtant, Dieu sait combien je souhaiterais vous aider dans vos difficultés présentes. C’est à en pleurer de dépit ! Adieu, mon ami. Vous me consoleriez grandement en venant nous rendre visite aujourd’hui.
V. D.