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Les Pauvres Gens/27 septembre Makar

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27 septembre, lettre de Varvara Les Pauvres Gens ~ 27 septembre, lettre de Makar
written by Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski, translated by Marc Chapiro
28 septembre, lettre de Varvara
1846, traduction 1946.


27 septembre

Très honorée Varvara Alexéievna,

J’ai rempli consciencieusement toutes les commissions dont vous m’avez chargé. Madame Chiffon prétend qu’elle avait songé elle-même à faire le travail au tambour, que c’est plus convenable ainsi, si j’ai bien compris, car je ne sais pas très bien ce qu’elle m’a dit à ce sujet. Il y a encore ce falbala dont vous m’avez écrit, et elle m’a parlé de falbala, elle aussi. Seulement, ma petite mère, je n’arrive pas à me souvenir de ce qu’elle m’a expliqué au sujet du falbala. Tout ce que je puis dire est qu’elle m’en a parlé longuement. C’est une femme impossible. De quoi peut-il bien s’agir ? D’ailleurs, elle vous le répétera elle-même. Je dois avouer, ma petite mère, que je me sens comme égaré. J’ai même manqué mon travail aujourd’hui. Croyez-moi, ma chère amie, c’est à tort que vous désespérez. Pour vous tranquilliser, je suis prêt à visiter tous les magasins de la ville. Vous m’écrivez que vous redoutez d’interroger l’avenir. Pourquoi donc, du moment que vous saurez tout ce soir à six heures : madame Chiffon viendra chez vous elle-même. Ne vous tourmentez pas ; gardez bon espoir, ma petite mère. Vous verrez que tout s’arrangera pour le mieux, comme je vous le dis. Quant à ce falbala, quant à ce maudit falbala — au diable tous ces falbalas ! Je serais venu vous voir, mon doux ange, j’aurais fait un saut chez vous, je serais venu certainement. Je me suis même approché, à deux reprises, des portes de votre maison. Mais ce Bykov, pardon, je voulais dire Monsieur Bykov, a l’air si fâché, alors je ne me suis pas risqué… Et puis quoi !

Makar DIÉVOUCHKINE.

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