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Puisqu’il le faut
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Dans le lit plein, ton corps se simplifie.
Sexe liquide, univers de liqueur,
Liant des flots qui sont autant de corps
Entiers, complets de la nuque aux talons,
Grappe sans peau, grappe-mère en travail,
Grappe servile et luisante de sang
Entre les seins, les cuisses et les fesses,
Régentant l’ombre et creusant la chaleur,
Lèvre étendue à l’horizon du lit,
Sans une éponge pour happer la nuit
Et sans sommeil pour imiter la mort.
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Frapper la femme, monstre de sagesse,
Captiver l’homme à force de patience,
Doucer la femme pour éteindre l’homme,
Tout contrefaire afin de tout réduire,
Autant rêver d’être seul et aveugle.
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Je n’ai de cœur qu’en mon front douloureux.
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L’après-midi, nous attendions l’orage.
Il éclatait lorsque la nuit tombait
Et les abeilles saccageaient la ruche.
Puis de nos mains tremblantes, maladroites,
Nous allumions par habitude un feu.
La nuit tournait autour de sa prunelle
Et nous disions : je t’aime pour y voir.
Le temps comblé, la langue au tiers parfum
Se retenait au bord de chaque bouche
Comme un mourant au bord de son salut.
Jouer, jouir n’étaient plus enlacés :
Du sol montait un corps bien terre à terre,
L’ordre gagnait et le désir pesait.
Branche maîtresse n’aimait plus le vent :
- Par la faute d’un corps sourd,
- Par la faute d’un corps mort,
- D’un corps injuste et dément.
- Par la faute d’un corps sourd,