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User:Dino Castelbou
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Contents |
Contributions
Traduction d'un texte du Mahatma Gandhi, sur la protection de la vache (hindouisme).
Traduction personnelle du sanskrit du Yoga Sûtra de Patanjali.
Complainte d'un animal non-humain
(Un animal n’est pas une plante, précisément, l’homme est un animal)
Excusez-moi d’être, d’être comme je suis :
De ne pas être comme vous, de ne pas naître
Comme vous, de ne pas être homme, je ne suis
Pas comme vous, je suis né pour mourir, pour n’être
Qu’une ombre que l’on digère puisqu’inférieur
À vous, vous plus « sensible » que moi, moi qui vous
Laisse pourtant vivre, ô vous êtes supérieur
En tout point à moi !... – Mais vous, hommes au cœur doux
Qui nous tuent et nous mangent, et qui nous condamnent
Grassement, si naturellement, à survivre
Dans vos cages, votre ego, enfer où l’on damne
Mes sens pour le crime d’être né et de vivre,
Vous, hommes qui consentent si facilement
À donner la mort, à profiter, – animal ! – ,
Serez-vous plus craintifs que nous quand, rudement,
On vous gazera, on vous tuera ? Ça fait mal,
Ça fait peur d’être vu juste comme une chose,
Un objet, qui n’a de prix qu’avec du sang là
Dehors, dans l’assiette et le boudin pour la cause
Du ventre, de la langue et du palais, sans la
Moindre once de Sym-Pathie, de ces hommes, – mais !
Vraiment satisfaits de leur raison, de leur race,
De leur indifférence aux douleurs que jamais,
Eux, – ils ne voudraient : vous n’êtes pas à ma place
Et jamais vous ne voudrez y être : à raison !...
Et si je crie, ça ne veut rien dire pour vous ?
De vivre, à jamais, d’être tué dans vos prisons,
Vos camps nazis ? Mort pour vous pour seul rendez-vous ?
Je ne suis qu’un Autre condamné à toujours
Être « autre », à qui l’on ne doit pas s’identifier,
Sous peine de ridicule, – l’excès d’un jour ! –,
Car l’homme Juste avec moi doit bien se méfier
Des autres hommes qui ne veulent pas Con-Naître
Ce que je suis, ce que j’endure pour eux tous,
Muet, caché, moi qui ne sait pas ce que c’est qu’ « être »,
– Bon à me débattre, chuintant, meuglant, criant, tout
Cela ne veut rien dire pour vous ? Alors rien
En moi n’inspire le respect, ou la tendresse ?
Alors !... Cela vaut mieux, pour moi, – que je vous laisse,
Car en tant que tombe vous êtes mon seul bien.
- Dino Castelbou - Subrahmanya Kâmadhénu, 21 août 2009.
L'offrande d'une photographie
- La photographie te dit :
- Du visage de la lumière,
- Tu ne sais que l'ombre de toi-même ;
- Alors, d'un temps
- Que tu as tenté d'arracher
- Au Temps,
- Essaye de voir l'oubli
- Façonné et embrassé
- Par la délivrance
- Du souvenir trahi.
L'offrande d'une pierre
(offrir une pierre, pour jeter des mots à la figure, et non jeter des pierres sur un être, pour des mots donnés)
- La pierre te dit :
- Fais-toi mon instant
- Unique
- Pour caresser et plonger
- Au sein de la profondeur
- De l'amour
- Innombrable,
- Ô dieu de nos coeurs !
- Pour l'offrande
- Simple
- De moi-même
- Dans le reflet
- Passant
- De la vie
- Qui Demeure
- Comme
- Le murmure
- D'un mur.
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Complainte du végétarien
Un vaste son sourd parcourt tout ce qui m’entoure
Dans la foule incapable de Recueillement ;
Autour de moi nul ne sait voir que tous mes jours
Crient un deuil puissant dont je suis le seul amant :
Je suis fatigué de voir ces langues humaines
Qui se moquent de la souffrance si muette,
Sans pitié pour la pitié qui toujours me mène –
Leur bouche tombale avale ceux que je regrette.
Ces hommes – qui se prennent pour Dieu – ont gagné
L’orgueil faisant oublier les disparus ;
Tous ces êtres qu’ils préfèrent manger et nier –
Moi ! – je les préfère vivants, libres dans les rues.
Car ils n’ont jamais vu des animaux jouer –
Ceux qui ne se révoltent point de leurs douleurs,
Douleurs cultivées pour une idole nouée
À un soi-disant plaisir qui fait que je pleure.
J’ai serré dans mes bras le corps d’animaux chers
– Mais sans vie – plus d’une fois dans mon existence :
Combien ai-je maudit ceux qui font de la chair
De ces curieux petits enfants… – une pitance !
Ils ignorent les Moloch qu’ils sont : car les Anges
Se cachent en prenant la forme de ces bêtes
Me saluant joyeusement, – sans que leur louange
Soit calculée, – née d’une gratuité complète !
Je connais trop l’abattoir et les élevages,
Ces monstruosités qui me font bien comprendre
Que l’homme apprend à torturer au fil des âges
En formant sa cruauté sur l’être qu’on peut vendre !
Le coup de couteau est l’opposé des caresses,
Et tous veulent ignorer la dureté,
L’hypocrisie des habitudes qu’ils professent
Au petit homme – pour chasser sa pureté ;
Où est l’enfance de l’enfant, et sa tendresse ?
On lui montre en l’animal une chose, – un met ;
Je vois la déchéance humaine qui se dresse :
Partager l’égoïsme est le contraire d’aimer…
Je suis las des hommes qui partagent la haine,
La haine qu’il faut ! – pour tuer la Joie, tuer l’Autre
Qui veut juste Vivre, – mais l’idiotie humaine
A peur de donner la douceur : suis-je des vôtres ?…
La viande se partage ! – elle a le goût du viol ;
Quant à moi, je reste avec mon amour privé
Des sujets de celui-ci, – faute à cette Idole
Qui veut du sang : cette Humanité Non Rêvée.
Seconde complainte du végétarien
Homme – il est temps de perdre cet appétit
Avant d’être devenu l’ombre de toute ombre ; –
N’oublie donc jamais que petit à petit
La cruauté règne en niant les vérités sombres.
La mort clos tout, pourtant – le combat continue ;
Révolte-toi du sort muet de l’opprimé,
Quel qu’il soit, où qu’il soit, le cœur doit être à nu
Pour se battre, – ou n’es-tu qu’un mort animé ?
Rien ne te pousse au deuil, à ne plus te nourrir
De tout ce qui pue le malheur caché, – les coups ?
Engraissant des bêtes en geôle à en mourir –
L’arrogance aime un goût qui tue pour peu beaucoup ;
Car n’est-ce-pas déjà engendrer la famine
Des peuples trop pauvres – survivant ignorés –
Que de préférer gaver ceux que l’on destine
Aux cages que l’indifférence a explorées ?
« Pourquoi suis-je né ainsi et non autrement,
Là et non ailleurs ? » – cette énigme existentielle,
Tu dois chaque jour te la poser, – réellement –
Elle seule a l’infinie profondeur du Ciel.
Il y a une sotte fierté bien apprise
À ne pas s’imaginer dans un destin autre :
Face à l’Étranger « ou » l’Animal, – ce qu’ils disent ?
« Qu’importe leur vie ! – puisqu’ils ne sont point des nôtres. »
Ils ne savent dire que ça, – ces raisonneurs –,
« Qu’importe leur vie » et « qu’importe ce qu’ils vivent » ;
Avaler des chairs violées est le seul bonheur
Qui les touche : malheur si de viande on les prive !
Moi – ce qui m’émeut, ce qui m’émeut d’avantage, –
Plus que la puissance de Dieu même ou des mots –,
C’est le tout petit enfant traversant les âges
Et les pays – par son amour pour les animaux.
Car il n’y aura jamais la paix entre les humains
Tant que tous les peuples n’auront pas compris
Qu’ils sont des Nazis pour les animaux ; ma main
N’est plus faite pour frapper ni prendre ; – je prie.
Je prie sans savoir pourquoi – mais il le faut bien,
Il faut bien prier pour ceux qui sont morts sans rien,
Sans secours, avec leur sang pauvre pour seul bien –
Pour l’ « erreur » de leur naissance. Végétarien,
Tu dois le savoir maintenant, tu n’es qu’un homme,
Et tu es en paix avec la moindre créature ;
Qu’importe la naissance : donne la Pomme
Donnée par le Passé incarnant le Futur.