| III. La Guerre des pavots | << | Le Bonheur des tristes | >> | V. Introduction à la vie commune |
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[edit] I
Nous campions sous le château de Saint-Ilpize, au bord de l’Allier. Nous avions traversé les plateaux secs qu’entourent des montagnes crépues où saint Georges avait sans doute combattu le dragon. Et dans les bois se tenait encore celle qu’il avait laissée après avoir combattu pour elle.
Arrivés au sommet séché par la canicule, la vue découvrait la vallée du printemps, fleurie d’une fraîcheur de verdure, de toits, d’eaux.
Le fleuve coulait à la base d’un mur de rochers dont les blocs pesaient sur les troncs d’arbres tordus comme des cordages.
Nous avions dressé nos tentes sur une plage de sable. Nous étions une trentaine sous les ordres d’un chef plus âgé.
Les uns furent préposés aux cuisines, d’autres à la corvée de l’eau, d’autres à celle du bois sec.
Plessis et moi nous étions infatigables dans les marches, mais les corvées du camp nous pesaient et nous cherchions par tous les moyens à nous en dégager. Nous aimions flâner tous deux sur la rive, nous baigner à notre gré, nous entretenir longuement de nous-mêmes.
[edit] II
Nous étions couchés à l’ombre quand le vieillard parut, écartant les saules aves ses doigts couleur d’écorce. Sa barbe était une boule de gui. Il était vêtu comme un tronc d’arbre, de mousses et de crevasses. Il nous fit sursauter en criant : « Eh bien, la jeunesse ! » C’est ainsi que nous liâmes amitié.
Il nous parla des quatre tours de son château. Il s’interrompit pour nous demander brusquement :
« Est-ce que vous mangez bien ici .
— Oui, mais ce qui est amusant surtout, c’est manger sur l’herbe.
— Vous trouvez ? »
Nous étant donné l’un à l’autre un coup d’œil, nous le priâmes de venir déjeuner au camp.
Il se tira la barbe, réfléchit un peu, puis accepta.
Il disparut dans les saules en disant : « Je m’en vais faire un peu de toilette. »
Nous avouâmes au chef, un peu embarrassés, que nous avions invité un ami.
Il dit : « C’est bien, tous vos amis sont bienvenus. Il faudra soigner le repas. »
[edit] III
Le repas était prêt et nous attendions l’invité.
À un moment, le chef héla : « Oh ! là, brave homme, vous désirez ? »
C’était lui. Il avait fait toilette ; planté une plume d’oie sur son chapeau en nid d’hirondelle et tout un bouquet de pâquerettes dans la déchirure de sa veste. Il maniait une canne en bois de cornouiller. Il s’arrêta d’un air surpris et comme nous avancions pour l’accueillir, tout le monde partit de rire : « Ah ! c’est lui, l’ami ? » Il releva la tête : « Si je dérange, qu’on me le dise. »
On le fit asseoir joyeusement. On mit un morceau de mouton dans son assiette et chacun tenta d’engager avec lui la conversation. Mais il saisit à deux mains son morceau de viande et mangea en silence avec grandeur.
On entendait les os craquer dont il crachait les bouts par-dessus la tête des voisins, avec un savoir-faire qui nous émerveillait. Parfois, il ramenait un morceau descendu dans sa barbe.
Lorsqu’il eut vidé le dernier verre de vin, il serra la main du chef avec cordialité, nous attira de côté pour nous remercier particulièrement, et nous pria de lui rendre visite en son château.
Il partit emportant une grande gamelle que nous remplîmes de restes pour son chat dont il nous avait parlé.
[edit] IV
La côte était rude qui menait au château de Saint-Ilpize.
Ses murailles défoncées s’ouvraient aux quatre vents du sommet. Sur des creux d’herbe et de broussailles courait un troupeau de porcs rayés.
Sous l’arc de la grand-porte, le vieillard nous invitait du geste. Nous traversâmes une cour crénelée, puis la salle d’armes aux voûtes rompues. Il nous montra un tas de paille dans un coin et dit simplement : « Ma chambre, en été du moins... » Car l’hiver il dormait dans les souterrains. La fumée de son feu fuyait par les lézardes et il se défendait des rats à coups de pierres.
Plessis lui demanda :
« Et votre chat, comment va-t-il ? »
La gamelle de la veille était là, bien léchée.
Il demanda, étonné : « Quel chat ? » Puis, se ravisant : « Ah ! celui d’hier ? Eh ! c’est moi le chat ! » et il ajouta, suave : « Je connais les usages du monde. »
Il nous fit les honneurs du lieu. D’abord, nous montâmes à la tour d’où, par les meurtrières, on voit la contrée grise, la contrée bleue, la contrée rouge, les forêts pendues au dos des montagnes et, au dernier bord de la contrée noire, les grandes nuées jaunes qui fument.
Comme nous descendions sur les dalles qui tremblent : « Prenez garde, dit le vieillard, un cadavre est caché sous chacune de ces pierres. » Il nous pencha sur les oubliettes d’où le bruit d’un caillou tombé ne remonte que longtemps après.
Il nous parla du trésor et des fantômes. Alors Plessis lui demanda à voix basse : « Avez-vous aussi des prisonnières ? » Le grand vieux posa son doigt sur sa bouche en signe de silence.
[edit] V
Comme nous descendions côte à côte, je pensais aux prisonnières avec une volupté douloureuse. Car une prisonnière est une femme qu’on cache à la lumière et qu’on martyrise. Et moi aussi, je garde au fond de moi une prisonnière, une chose que je n’ai jamais osé montrer, même aux yeux de mon ami, les yeux de mon ami qui sont comme la lumière du jour. Mais le soir, sous la tente, quand je ne voyais plus ses yeux, j’avouai. Voilà : je savais qu’elle était seule à l’infirmerie. Et je savais que je devais entrer là ; car un jour dans le corridor, elle m’avait arrêté, elle m’avait dit :
« C’est vrai que je te plais ?
— Oui, c’est vrai.
— Tu ne m’embrasses pas ? »
Je l’avais embrassée sur les deux joues. Je savais que ses joues étaient douces, je savais que ses mains étaient chaudes.
Je suis entré. Elle a dit : « Ah ! te voilà ? Qu’est-ce que tu me dis ? » Et moi j’ouvrais la bouche, mais je ne pouvais rien dire. Je m’approchai du lit en me tortillant les doigts et ce fut alors que je m’entendis très clairement demander : « Comment est-ce fait, une fille ? » Et aussitôt je fermai les yeux, et je serrai les épaules, car je croyais qu’elle allait dire : « Va-t’en, vilain ! » Et rouvrant les yeux, je vis, dans la blancheur de tout, une déchirure. Le corps nu, terriblement nu, se tourna dans les draps avec une odeur d’algue. Elle me dit : « Viens », je sentis un souffle chaud dans mon cou et je m’enfuis, car j’entendais du bruit.
[edit] VI
Quand j’eus achevé cette confession : « Oh ! » dit Plessis, et il n’ajouta rien. Plus tard, dans la nuit, nous nous endormîmes.
Le lendemain, il me regardait par moment comme si j’étais devenu tout d’un coup un étranger pour lui. Et à d’autres, il me semblait plus proche que jamais à cause des pensées qui nous troublaient tous deux.
Alors, il s’écria : « Comment osais-tu, cachant une pareille chose en toi, approcher de notre demoiselle Blanche ? »
C’était par mon jardin que nous avions connu Mlle Blanche. Nous l’avions aimée parce qu’elle parlait des fleurs. Elle savait dédier à chaque chose des mots comme des chansons.
Elle portait en princesse son vêtement de simple institutrice.
Nous avons parlé de l’amour avec elle ; nous en parlions comme des nuages qui passent, comme de la pluie qui tombe, comme du blé qui lève.
Un jour, Plessis osa lui demander :
« Le soir, dans votre chambre, que faites-vous ?
— Est-ce une question qu’on demande à une jeune fille ?
— Oh ! mais nous trois, nous... »
Elle daigna nous le dire :
« Je me couche, je lis, je regarde un bouquet, j’éteins la lumière. »
Nous méditâmes longtemps sur ces choses si belles que personne n’avait jamais vues.
Couchés dans le dortoir, Plessis me dit :
« J’ai une idée inouïe.
— Quoi ?
— Si nous allions rendre visite à la demoiselle Blanche ? »
J’eus un moment d’effroi.
Nous nous aventurâmes tous deux dans le couloir. Nous frappâmes. La voix très douce renouvela notre effroi.
« Qui est-ce ?
— C’est nous. Ouvrez vite...
— Qu’y a-t-il ?
— Une grande nouvelle à vous annoncer. »
Elle ouvrit. Elle était vêtue d’une grande chemise avec une collerette et des manches de dentelle.
Elle nous interrogea sur la grande nouvelle.
« Eh bien, voilà : à Plessis et à moi, il nous est arrivé une chose effrayante.
— Laquelle ?
— Oui, effrayante.
— Mais quoi donc ?
— Eh bien, nous avons pensé à ce que nous deviendrions si vous n’étiez pas là. »
Et chaque soir, nous allions la retrouver :
« Ouvrez vite !
— Qu’y a-t-il ?
— Une grande nouvelle.
— La même qu’hier ?
— Oui. »
Nous prenions nos places accoutumées sur le bord du lit où elle s’était recouchée. Plessis se tenait à ses pieds, moi, près de l’oreiller. Je voyais son cou, je voyais ses boucles, l’ombre des cils, le coin de la bouche.
Quand Plessis avait eu son regard pendant un moment, elle me l’accordait pour un temps égal.
Elle se levait, allait prendre dans une armoire un flacon de cassis. On voyait de nouveau ses pieds nus tournoyer dans la mousse du linge. Elle versait à chacun de nous un petit verrre et n’en prenait point.
Alors, nous attendions. Un moment passait et nous regardions notre verre d’un air de plus en plus attristé. « Buvez... » disait-elle. Plessis lui jetait un regard suppliant : « Allons, il faut passer par tous vos caprices... » Elle trempait ses lèvres à son verre, le lui rendait, puis au mien. Alors, nous nous en saisissions à deux mains et nous buvions en fermant les yeux.
Parfois on s’attardait, on entendait sonner les douze coups de minuit que suivait un silence. Chaque seconde était un coup d’encensoir dont nous savourions la gloire et la joie, car tout le monde dormait dans la maison. Quelques-uns rêvaient peut-être des rêves inutiles, mais nous, nous vivions, nous vivions, nous rêvions la vie.
[edit] VII
Le jour, si nous l’apercevions, nous la saluions avec déférence, mais sans nous approcher ; nous gardions notre bonheur pour la nuit.
La chambre nous était devenue familière avec ses vases, ses images et ses ivoires.
Une fois, son regard demeura sur nous plus longuement, comme si elle pensait que nous allions être séparés. Elle nous demanda : « Que ferez-vous plus tard ? »
Nous nous écriâmes ensemble :
« Jamais nous ne serons séparés, nous resterons toujours ensemble.
— Comment cela ?
— Nous vous épouserons !
— Lequel ?
— Tous les deux ! »
Elle nous regardera d’un air mi-railleur, mi-mélancolique :
« Oh !
— Nous vous aimons tant ! dit Plessis secouant la tête et regardant ses mains dans la dentelle.
— Oui, nous vous aimons, dis-je en regardant son cou.
— Et nous serons heureux, nous aurons une maison à nous trois. »
J’ajoutai :
« Un jardin et une fontaine dans la mousse.
— Et quand l’un de nous vous aura déplu, l’autre le chassera et il ne pourra revenir que quand il sera sage. » Et je disais : « Mais nous serons toujours sages tous les deux, car nous vous aimons tant ! »
Elle parlait de son enfance, du château de sa grand-mère au bord du lac noir, et de la tour où elle montait quand elle était petite. Nous en connaissions tous les escaliers et tous les meubles, et les potées de fleurs qu’elle arrosait avec un vieil arrosoir bleu.
Pour le moindre de ses récits, elle se tournait tantôt vers moi, tantôt vers lui, à intervalles égaux, et quand c’était mon tour, j’ouvrais les yeux tout grands pour ne rien perdre d’elle. Je pensais : « Maintenant, maintenant, je vais voir la couleur de ses yeux. » Les tresses de ses cheveux m’étreignaient le cœur, sa douceur tombait sur moi comme une neige, mais quand elle s’était retournée, c’était comme si je n’avais rien eu, il ne me restait d’elle aucune image. Nous étions tous deux comme engourdis par sa beauté.
Nous pensions, lui et moi, et nous disions l’un à l’autre que seul un grand amour avait pu la rendre d’une beauté aussi déchirante, et nous nous torturâmes bien longtemps avant de nous résoudre à lui demander :
« Parlez-nous de votre grand amour. »
Elle pâlit :
« Pourquoi me demandez-vous cela ?
— Oui, parlez-nous de lui.
— Il est mort.
— Nous le savions.
— Comment ?
— Nous avions vu cela. »
Elle tira de son écritoire le portrait.
Il était beau comme ceux qui sont aimés par de telles femmes. Il était beau comme saint Georges. Son regard était de ceux qui mènent les chars de guerre sur la pente des montagnes. Son regard passait par-dessus le souvenir.
Elle nous demanda toute timide : « Qu’en pensez-vous ? »
Et nous, ensemble, nous fîmes : « Oh ! » un « Oh ! » qui voulait dire : « Oh ! comme c’est beau et comme c’est dommage, dommage d’être ainsi diminué devant nous-mêmes. » Un « Oh ! » qui voulait dire : « Oui, nous vous comprenons maintenant et nous vous aimons davantage. »
[edit] VIII
Et cette nuit-là, dans la tente, nous rêvâmes.
Plessis me raconta son rêve : « J’arrivais après un long voyage à une montagne par là. (Et il montrait l’autre rive du fleuve.) Écartant les arbres serrés, j’ai trouvé la maison. Un jardin fleurissait au bas des murs, sous les volets fermés. La prisonnière descendait l’escalier pour arroser ses fleurs. Je voulais crier mais ma voix restait muette. Je voulais la voir, mais sa blancheur me brûlait le regard. Puis l’eau est tombée du ciel, tombée sur ses cheveux. Elle se mit à sourire : ses dents étaient des gouttes de rosée.
— Et moi j’ai rêvé que j’avais longtemps cherché la montagne où saint Georges a tué le dragon. Mais comme la nuit tombait, j’ai été arrêté par un mur. J’allais rebrousser chemin quand, en regardant bien, j’ai vu que le mur était une maison verrouillée. Une fenêtre s’est ouverte et il y avait beaucoup de lumière à l’intérieur de la maison. La jeune fille passait devant la fenêtre ouverte. Assise au fond, la grand-mère filait le lin. En lieu de quenouille, elle tenait un arrosoir de verre. La jeune fille s’approcha d’elle et lui prit des mains cette quenouille, puis elle se pencha sur les fleurs du balcon, et au lieu des filets d’eau, des fils de lin se dévidaient sur les fleurs.
— Oui, dit Plessis, et ses cheveux aussi coulaient comme de l’eau sur son cou, et ses mains étaient légères.
— Oui, ses mains étaient légères comme des feuilles.
— Et ses yeux me donnaient du bonheur.
— Oui, plus que le plus beau ciel des plus beaux jours. »
Nous nous levâmes.
« Si nous l’avons vue tous les deux, c’est qu’elle existe et qu’elle nous appelle ! »
Nous allâmes trouver le chef et nous dîmes que nous devions rendre visite à des parents dans la montagne.
Nous partîmes.
« Seul un grand amour peut expier ton ancien péché », disait Plessis.
Nous passâmes l’Allier. Le pont rattachait une montagne à l’autre par-dessus la gorge au fond de laquelle glissait le fleuve.
Mon compagnon méditait : « Qu’est-ce que l’amour ? Est-ce une chose qui salit l’âme, est-ce une chose qui purifie et sauve ? »
J’enjambai le garde-fou et, les épaules appuyées au pilier, à petits pas de côté, je fis le tour d’une plate-forme exiguë. Le vide bourdonnait tout autour. Le pilier semblait osciller comme une tige dans le vent. La sueur me glaçait les tempes. Plessis, haletant, penché sur le parapet, me saisit par les épaules : « Que fais-tu, tu es fou ? »
Quand nous nous fûmes remis en marche, j’expliquai : « L’amour, c’est cela : un grand courage inutile. »
Dès lors, un vent d’héroïsme nous poussa à travers bois. Les jambes durcies par l’effort, la poitrine haute, nous nous lancions des regards comme des appels.
L’encens des pins montait dans l’or brûlant de l’air.
[edit] IX
Nous trouvâmes un ruisseau entre des roches noires. Plessis s’arrêta. Je pensai : « Voilà que Plessis va oublier le grand amour à cause de son amour de l’eau. » Et je profitai de la faiblesse de mon ami pour repenser à mon ancienne faute sans horreur.
Il dit : « N’aurais-tu pas plaisir à te baigner ? » Je répondis : « Cela me plaît si c’est ton plaisir. »
Nous entrâmes dans l’eau, chacun de notre côté. Je m’y jetai bruyamment comme contre un ennemi, tandis qu’il s’y coulait avec langueur.
Le courant froid retrempa notre courage. Nous reprîmes le sentier. D’un escarpement, nous vîmes entre deux autres, une montagne toute noire. Nous pensâmes : « C’est là. »
En effet, comme nous l’approchions, la forêt devint plus difficile.
Sur ses pentes, des troncs hachés par l’orage barraient les pistes. Les broussailles nous retenaient par nos vêtements. La terre fumait, charnue de champignons et d’écorce pourrie.
Plus nous allions, plus les fourrés se resserraient autour de nous. Enfin, ayant longtemps marché, nous butâmes contre un mur très noir, très haut.
« Il faut chercher l’entrée, dit Plessis.
— Il n’y a pas d’entrée », affirmai-je.
Un grand chêne, de ses plus hautes branches, jetait un pont par-dessus les murailles et rejoignait les branches d’un autre arbre au-delà.
Accrochés à cette arche, nous parvîmes sur l’autre terre. Mais là, trouvant la voie libre devant nous et sentant le mur qui barrait toute retraite, nous hésitâmes un peu.
L’herbe soyeuse nous montait au visage, emmêlée de digitales couleur de vin et de grandes feuilles velues qu’on savait vénéneuses.
Bientôt, malgré l’épaisseur de l’herbe, nous sentîmes des dalles sous nos pieds, et la façade du château surgit tout d’un coup, aux fenêtres cousues de fer. Tout dormait, sauf un frisson de lézard sur les murs. Nos pas se turent sur la mousse du perron.
Nous touchâmes à peine le marteau de la porte. Alors, le silence se déchira, le fracas monta par les escaliers, claqua les portes, emplit l’écho d’orage, réveilla des bruits d’ailes jusque dans les greniers.
Nous prîmes la fuite, nageant des bras dans l’herbe à corps perdu.
[edit] X
Lorsque nous revîmes au camp, on nous demanda ce qui était arrivé.
« Une personne qui nous était chère est morte dans la montagne. »
On ne nous questionna pas davantage. On respecta notre douleur.
Nous fûmes quittes de toutes les corvées. Mes compagnons nous traitèrent avec des égards.
Et restés seuls, nous nous mîmes à pleurer sur celle qui était morte.
