Le Stoïcisme - Les Critères de vérité

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Le Stoïcisme - Les Critères de vérité


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Les Critères de vérité




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Les critères de vérité


Diogène Laërce, VII, 54, 1-7

Ces philosophes disent que la représentation compréhensive est le vrai critère de la vérité. Par elle, ils entendent celle qui vient des choses réelles, comme le montrent Chrysippe dans le douzième livre de la Physique, Antipatros et Appollodore. Boéthos, cependant, veut qu’il y ait un plus grand nombre de critères, ce sont pour lui l’esprit, la sensation, le désir et la science. Mais Chrysippe n’est pas de cet avis et il écrit dans le premier livre de son ouvrage sur la Raison que les critères sont la sensation et la prénotion. Il définit la prénotion une intuition des choses prises en général.


Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, VIII, 7

Quant à la logique ou philosophie rationnelle, loin de moi la pensée de comparer aux Platoniciens ceux qui placent le critérium de la vérité dans les sens, et mesurent toutes nos connaissances avec cette règle inexacte et trompeuse ! tels sont les Epicuriens et plusieurs autres philosophes, parmi lesquels il faut comprendre les Stoïciens, qui ont fait venir des sens les principes de cette dialectique où ils exercent avec tant d’ardeur la souplesse de leur esprit. C’est à cette source qu’ils ramènent leurs concepts généraux, ennoiai, qui servent de base aux définitions ; c’est de là, en un mot, qu’ils tirent la suite et le développement de toute leur méthode d’apprendre et d’enseigner.


Difficultés relatives à ces critères

Objections

Cicéron, Premiers Académiques, II, 75

J'aurais d'ailleurs d'autres auteurs à te citer qui sont des adversaires incommodes, mais sans ampleur : Stilpon, Diodore, Alexinus vous harcèlent de coups d'épingle avec leurs sophismes (c'est ainsi qu'on appelle ces arguments fallacieusement concluants). Mais à quoi bon nommer tant de gens, quand j'ai Chrysippe qui passe pour la colonne du Portique ? Que d'objections il a réunies contre les sens, contre les preuves tirées de l'expérience vulgaire ! Mais, dites-vous, il les a réfutées. Pour moi, je ne crois pas qu'il les ait réfutées. Admettons cependant qu'il l'ait fait, certainement il n'eût pas rassemblé tant d'arguments capables d'après lui de nous induire en erreur par leur grande apparence de validité, s'il n'avait reconnu qu'il est difficile de leur résister.


Cicéron, Premiers Académiques, II

Si le sage donne son assentiment à quelque proposition, il lui arrive aussi d'avoir une opinion; or il ne doit pas en avoir, donc il ne donne son assentiment à aucune proposition. Arcésilas admettait cette conclusion, car il tenait pour établies les deux prémisses. Carnéade parfois énonçait la mineure que voici : le sage donne parfois son assentiment, d'où cette conclusion : le sage a aussi des opinions, ce que vous ne voulez pas, avec raison je pense. Quant à la majeure : si le sage donne son assentiment il lui arrivera aussi d'avoir une opinion, les Stoïciens la rejettent comme fausse, Antiochus est naturellement tenu d'en faire autant : suivant eux le sage peut distinguer les sensations fallacieuses des véridiques, et ce qu'il ne peut percevoir de ce qu'il peut percevoir.


Chrysippe et Carnéade

Cicéron, Premiers Académiques, II, 87

Mais pour en venir maintenant à des notions plus claires, je vais passer en revue toutes ces illusions dont sont pleins non seulement les livres qu'ont écrits les auteurs de l'école académique mais aussi ceux de Chrysippe : aussi les Stoïciens lui reprochent-ils d'avoir soigneusement recueilli tout ce qu'on peut dire contre les sens, contre l'évidence, contre l'expérience vulgaire et contre le raisonnement et de s'être trouvé lui-même peu capable de répondre à ses propres objections, si bien qu'il a fourni des armes à Carnéade.


Autres sources

  • Souda, 2495, 8-10, « Préconception »
  • Sextus Empiricus, Contre les savants, VII, 253, 1-254, 1
  • Origène, Contre Celse, VII, 37, 6-9 et 440, 1-443, 1
  • Galien, Sur les doctrines d'Hippocrate et de Platon, IX, 7, 3, 1-5, 4
  • Plutarque, Des contradictions des stoïciens, § 10, 1036 C2-1037 A10
  • Plutarque, Des notions communes contre les stoïciens, § 36, 1077C4-D1


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